Gagner contre ce gouvernement :
c'est possible si on s'en donne les moyens !

Plus de 80 000 travailleurs et travailleuses ont manifesté jeudi 16 novembre à l'appel des organisations syndicales contre les ordonnances qui sont adoptées cette semaine. Samedi 18, plus de 3000 ont manifesté en direction de l'Élysée à l'appel du Front social, une coordination de sections syndicales, d'associations et de collectifs de lutte. Alors que la manifestation était autorisée, la police l'a bloquée et empêchée d'aller jusqu'au lieu prévu pour la dispersion.

Certes, ces chiffres peuvent sembler faibles, surtout par rapport aux précédentes manifestations des mois de septembre et d'octobre. Ce que des journalistes toujours hostiles à la moindre contestation ouvrière et populaire n'ont pas manqué de faire remarquer. Il n'empêche que nous sommes bien une très grande majorité dans la population à refuser la politique de Macron et de sa bande.

Mais s'indigner des sales coups qu'on se prend ne suffit pas toujours à passer à l'action. Il manque aujourd'hui à notre camp social la confiance dans le fait de pouvoir gagner. Ce manque de confiance est alimenté par les directions des principaux syndicats qui appellent à des journées de mobilisation à plusieurs semaines d'intervalles sans perspective de victoire. Au lieu de coordonner les luttes qui existent et les secteurs qui sont prêts à les rejoindre, elles éteignent le mouvement qui s'était lancé en début d'année.

Nos luttes sont nombreuses !

Chaque jour des grèves éclatent dans toutes les régions et dans tous les types de boites. À Ris-Orangis, Lisses, Bondoufle et Courcouronnes (Essonne) les postiers et postières sont en grève depuis trois semaines, comme leurs collègues de Carhaix (Finistère), les premiers pour une ouverture prolongée des bureaux, les autres contre une suppression de tournée. À Paris, les femmes de chambre de l'hôtel Holiday Inn de la porte de Clichy sont en grève illimitée depuis un mois. Elles exigent notamment qu'on cesse de les payer à la tâche. Et des grèves touchent tous les magasins But de France depuis le 23 septembre pour exiger une prime annuelle.

La liste des luttes serait encore longue : contre l'insalubrité dans les établissements scolaires à Nanterre (Hauts-de-Seine) ou à Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne), pour soutenir des collègues dont l'emploi précaire prend fin comme à Sucy-en-Brie (94) ou à Bondy (Seine-Saint-Denis), contre le déficit du centre hospitalier de Bastia (Haute-Corse) ou la fermeture de plusieurs hôpitaux parisiens afin de faire des économies sur le dos du personnel des malades... Sans parler des luttes contre le sexisme et le harcèlement des femmes ou contre le racisme et les violences policières par exemple.

Rejoignons-nous !

Comment peut-on alors croire que les travailleurs et les travailleuses, les jeunes, les classes populaires ne sont pas disposées à se battre face aux exploiteurs du MEDEF et du gouvernement ?

Le tout maintenant est de le faire ensemble, le même jour, en manifestant au même endroit et avec la perspective de le faire jusqu'au recul du gouvernement. En attendant, chaque petite lutte, chaque petite victoire est une preuve que le camp des exploités ne se laisse pas abattre. Alors soutenons-les et rejoignons-nous !

Éditorial du 13/11/2017

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